Sexisme ordinaire, détartrage misogyne et friendzone rageux

Aujourd’hui dans mon fil d’actu facebook, je suis tombée sur un top qui promeut les posts d’un tmblr nommé « Lole avec les connes », qui se veut lutter contre le « sexisme ordinaire ».

On y voit une certaine Charlotte poster des commentaires sarcastiques sur des posts de magazines féminins ou revues diverses qu’elle juge sexiste. Je suis restée dubitative devant son exaspération sur un post de « Mode & Travaux » qui procurait un conseil pour détartrer son fer à repasser. Le post ne dit pas « hey les filles, petite astuce pour détartrer votre fer et pouvoir repasser les chemises de votre homme ». Les femmes n’étaient pas mentionnées, l’article, bien qu’issu d’un magazine « féminin », n’excluait cependant pas les hommes. Moi qui pensais être pointilleuse sur la question du sexisme, j’ai trouvé plus balèze que moi.

Par contre se victimiser à ce point sur l'article d'un pauvre magazine qui ne demande rien à personne, ça va grave faire avancer notre cause.

Par contre se victimiser à ce point sur l’article d’un pauvre magazine qui ne demande rien à personne, ça va grave faire avancer notre cause.

J’ai donc survolé ce top que j’ai trouvé insipide, comme beaucoup de tops de cette rédactrice de chez topito, d’ailleurs. Ensuite j’ai fait l’erreur de lire les commentaires. Ne JAMAIS lire les commentaires. L’humanité m’effraie souvent, me déprime parfois.

D’accord, ce top était à mes yeux sans intérêt, j’aurais dû cliquer sur la croix et ne plus jamais y revenir. J’ai toutefois beaucoup de mal avec ces filles qui veulent se donner un genre et crachent sur le féminisme parce que après tout, c’est vrai que défendre sa propre cause, c’est idiot. Je suis la première à dire qu’il faut faire un féminisme intelligent. Mais nier qu’il y a encore de vrais efforts à faire, c’est tout simplement se voiler la face.

Pour en revenir à ce que Topito avait appelé le « sexisme ordinaire », j’avoue ne pas avoir la même notion qu’eux. Bah oui, SURPAÏSE, Contrex parle de calories, les magazines féminins de shopping… so what ? Les hommes et les femmes sont foutus différemment, c’est un fait. On ne peut malheureusement pas éviter quelques clichés. Pour autant, personnellement je m’en fous que Mode & Travaux soit considéré comme un magazine féminin et L’Equipe comme un magazine masculin, tant qu’on ne m’oblige pas à lire le premier et qu’on ne m’interdit pas de lire le second. Parmi les commentaires j’en ai toutefois lu un très vrai : « l’égalité homme/femme n’existera jamais réellement tant que je ne pourrai pas porter d’enfant et que ma femme ne traversera pas toute la ville à 3h du matin pour satisfaire mon envie de steak saignant ». Voilà. Hommes et femmes sont inégaux par nature, le gender marketing l’a bien compris et en use. Personnellement je ne trouve pas dégradant d’aimer le shopping, donc je me moque comme de ma première babouche qu’un magazine féminin mette une pub dessus.

Le sexisme ordinaire, ce n’est pas de cibler ses pubs. Le fait est que les magazines féminins ont de beaux jours, que le côté shopping/beauté, ça attire un certain nombre de femmes. Ça ne sert à rien de le nier. Ça ne sert à rien de se tromper de combat.

Le sexisme ordinaire, c’est quand la prof d’EPS de ma sœur, 15 ans, interdit aux filles de porter des débardeurs sous prétexte que ça va déconcentrer les garçons. Parce que c’est bien connu, c’est aux filles de faire attention à leur tenue vestimentaire pour ne pas perturber ces pauvres garçons un peu idiots qui seraient incapables de regarder devant eux si on ne les aidait pas un peu.

Le sexisme ordinaire, c’est quand dans une discussion sur l’équilibre vie professionnelle/vie familiale, des femmes se mettent d’accord sur le fait qu’on « ne peut pas tout avoir », alors que ça semble naturel que des hommes puissent être de bons pères de famille tout en ayant une carrière accomplie.

Le sexisme ordinaire, c’est quand un patron ne propose même pas la promotion à sa collaboratrice parce qu’il part du principe qu’elle va la refuser pour ne pas devoir rester plus tard au boulot.

Le sexisme ordinaire, c’est aussi à l’inverse considérer qu’un homme doit travailler plus tard.

Le sexisme ordinaire, c’est quand facebook ne considère pas que le message « voici le nom de cette grosse pute qui s’est tapé mon mec, allez tous l’insulter », est un message d’incitation à la haine qui va à l’encontre de ses standards. Pas plus que des groupes du style « une pute tuée = un couple sauvé ».

Le sexisme ordinaire, c’est quand je vois des amies tout à fait intelligentes liker des posts du type « une femme bien est une femme qui n’est mauvaise qu’avec un seul homme ».

Le sexisme ordinaire, c’est taquiner un homme qui se montre un peu sensible.

Le sexisme ordinaire, c’est d’excuser les fautes en disant « après tout, les hommes ont des besoins », comme si c’étaient des animaux alors que les femmes sont des êtres supérieurs capables de bien plus de maîtrise.

Le sexisme ordinaire, c’est un homme qui conseille en toute bonne foi à une amie de ne pas sortir en jupe alors qu’elle compte rentrer tard.

L'image vient de chez Topito, parce qu'au fond je les aime bien. Il s'agit d'une pub égyptienne dont la traduction est, en gros "si tu sors à poil, faut pas s'étonner d'attirer les mouches". Fort sympathique.

Image dénoncée par Topito, parce qu’au fond je les aime bien, quand même. Il s’agit d’une pub égyptienne dont la traduction est, en gros « si tu sors à poil, faut pas s’étonner d’attirer les mouches ». Fort sympathique.

J’ai un vrai problème avec le sexisme ordinaire parce qu’il influe sur les mentalités l’air de rien, qu’il n’est pas issu de gens particulièrement stupides ou mauvais. C’est juste un reflet de nos mentalités.

J’ai un problème avec le sexisme ordinaire parce que pendant longtemps, il m’a fait croire que je n’étais pas normale d’être une femme et d’avoir une plus grosse libido que celle de mon premier copain.

Dans le genre sexisme ordinaire, le site 9gag est un champion. J’ai longtemps aimé ce site avant de me rendre compte à quel point il empoisonnait mon esprit à cause de sa population de types seuls, tristes et incroyablement frustrés. De mecs qui traitent toutes les filles qui commentaient d’ »attention whore », qui chouinent d’être dans la « friendzone ». ça c’est la spécialité du site. Une bande de boutonneux qui pleurnichent parce que les filles ne veulent pas des gentils garçons qu’ils sont et préfèrent les salauds.

J’ai un scoop. Généralement, quand un mec sympa est dans la friendzone, c’est souvent qu’il est moche. Je suis désolée, c’est triste à dire, on est d’accord. Mais c’est un fait, une fille ne va pas forcément repousser son beau gosse de meilleur ami sous prétexte qu’elle préfère les salauds. Pour faire plus politiquement correct : vous n’êtes pas forcément moche. Elle n’est simplement pas attirée par vous. Il y a aussi l’option où elle attend simplement qu’il se sorte les doigts des fesses et lui dise ce qu’il ressent, ou n’en a tout bonnement pas conscience.

En plus, ces mecs qui se targuent d’être super attentionnés et gentils ne le sont que pour obtenir ce qu’ils veulent. Par derrière ils se rassemblent sur le petit site minable pour cracher sur ces filles qui ne veulent pas d’eux alors qu’ils sont si amoureux, si gentils.

J’ai un autre scoop. Vous ne valez pas mieux que les beaux salauds auxquels les élues de votre cœur s’amourachent. Ce qui vous différencie d’eux, c’est que ne pouvez simplement pas vous permettre autant de crasses.

Rendons quand même justice : il y a bel et bien des posts intelligents.

Rendons quand même justice : il y a bel et bien des posts intelligents.

J’ai donc fui ce site et à partir de là, commencé à mieux assumer ma sexualité et à ne pas avoir honte de ne pas tomber amoureuse de chaque mec qui m’accorde un peu d’attention tout en me balançant plein de sous entendus et de regards énamourés de chien battu.

Voilà, c’était mon petit quart d’heure aigri du moment, m’en voulez pas, ça faisait longtemps, j’ai le droit !

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Frottements indésirables, ministère et tasses de thé

Bon. J’avais enterré ce blog dans un petit coin de ma tête pour deux raisons majeures :

  • La première est un rendez-vous qui a particulièrement mal tourné et qui m’a légèrement traumatisée – et dont je ne suis pas très fière  – au point que j’ai mis du temps à être prête à le concrétiser à l’écrit.
  • La seconde est que, ça y est, j’ai rencontré un mec qui, quoi qu’étant le type le plus malchanceux que je connaisse, semble pour le moment à peu près équilibré (on croise les doigts).

Suite à cette rencontre, j’ai donc effectué ce que j’aime appeler une « pause boulets ». J’espère qu’elle durera très très longtemps.

Comme je le disais, ce blog était enfoui dans un coin de ma tête jusqu’à ce que je raconte certaines de mes aventures à ma collègue, qui m’a dit que je pourrais écrire un livre. C’est là que ça m’est revenu : je n’avais pas écrit un livre sur le sujet, mais il y avait bien une trace écrite.

Depuis, ma chère Victoria a lu mes petits articles et puisqu’aujourd’hui je m’ennuie au boulot, je pense qu’il est temps de revenir sur ce fameux rendez-vous d’il y a un an.

Tout a commencé quand ma meilleure amie Emma s’est faite larguer par un type chelou après une très brève relation. Un peu usée, elle m’a dit que, juste pour le fun, elle s’était inscrite sur meetic, juste pour deux jours histoire d’occuper son week-end.

Il se trouve que ce week-end-là, je m’ennuyais passablement. Je me suis donc dit que moi aussi, j’allais faire une immersion sociologique dans le monde fabuleux des rencontres en ligne.

Les gens n'attendaient que moi. C'était même un peu flippant.

Les gens n’attendaient que moi. C’était même un peu flippant.

Un joli pseudo, une moins jolie photo, un profil de feignasse (description de deux lignes, seuls les champs obligatoires remplis) et c’était parti.

Une tripotée de types étranges se sont mis à m’envoyer des messages immédiatement après mon inscription. On aurait dit qu’ils attendaient, tels des prédateurs, tapis derrière leur écran de voir qu’un nouveau profil vulnérable avait été créé.

Bon. Je fais le tri entre les types de 50 ans qui cherchent à trouver une seconde jeunesse, les types ouvertement mariés, ceux qui essayent « subtilement » de te faire comprendre qu’ils ne veulent qu’un plan cul («Salut ça va ? T’es là pour quoi ? Ouais moi je cherche un truc pas prise de tête tu vois… tiens t’habites pas loin de chez moi ! »), ceux qui essayent de vanter leurs aptitudes physiques (« tu sais je fais du rugby… j’ai de l’endurance.. et pour plusieurs types de sports 😉 », ceux avec plus de fautes que de mots (« slt sa va ? jte trouv charmente »), et j’en passe…

Au milieu de tout ce joli défilé, il est arrivé. Sur sa photo de profil, il avait l’air plutôt beau gosse. Il avait écrit un message plutôt original, sans fautes, presque drôle (ce qui était déjà beaucoup au milieu du reste). Je lui ai répondu, on a bien discuté.

Il voulait qu’on se voie le lendemain. A ce moment-là, j’ai eu un doute, j’ai annulé, puis il a tellement insisté que j’ai fini par céder.

Il faut comprendre une chose chez moi : je ne sais pas dire non. J’ai toujours peur de vexer les gens, je cherche toujours des justifications plutôt que de dire simplement « j’ai pas envie ». Ce défaut est important pour la suite des événements.

On s’est vus, et je trouvais qu’il ne ressemblait pas tellement à sa photo de profil. Quelque chose dans son comportement me mettait mal à l’aise sans que je parvienne à mettre la main dessus. Il m’a emmenée en direction d’un petit bar sympa avec une terrasse. La serveuse nous a dit que c’était complet. Alors il a promis de m’emmener dans un parc qu’il y avait près de chez lui. Le parc était fermé. Il s’est tourné vers moi et m’a dit qu’on pouvait aller prendre un verre chez lui.

**PAUSE**

Oui. JE SAIS. Mauvaise idée. Je le savais sur le moment. Au moment où il l’a proposé. Mais je me suis retrouvée paralysée, avec mon incapacité sidérale à dire cette foutue syllabe : « non ». J’ai cherché une raison de refuser autre que « tu pourrais très bien être un sale psychopathe et me découper en morceaux ». Parce que je ne me voyais pas lui dire ça. Alors je l’ai suivi, même si je voulais seulement rentrer chez moi…

Comme le stipulait la pub pour la DS4 de Citroën, réapprenous tous à dire NON ! (bon, certes, utiliser comme slogan "le pouvoir de dire non" pour une voiture intitulée DS4 peu de temps après l'affaire DSK, c'était moyen comme timing, mais l'idée était là) https://www.youtube.com/watch?v=DdFQvhthpu4

Comme le stipulait la pub pour la DS4 de Citroën, réapprenous tous à dire NON ! (bon, certes, utiliser comme slogan « le pouvoir de dire non » pour une voiture intitulée DS4 peu de temps après l’affaire DSK, c’était moyen comme timing, mais l’idée était là)
https://www.youtube.com/watch?v=DdFQvhthpu4

**FIN DE LA PAUSE**

En bas de chez lui, ce taré me demande d’attendre 30 secondes le temps qu’il monte me préparer « une surprise ». « Euh… ok… ». Très fier de lui, il monte, me gueule au bout d’une trentaine de secondes que je peux le rejoindre. Surprise en question : il avait fermé tous les rideaux et éteint toutes les lumières. Waw.

Pas du tout bizarre. Il me propose un verre de Ice Tea que je prends mais ne bois pas, car je commence à soupçonner qu’il a pu y mettre quelque chose. Je m’assois à côté de lui sur le canapé, raide. Il essaye de m’embrasser, je le repousse. Il me demande pourquoi.

Encore une fois « tu ne m’attires pas et je te trouve un peu creepy » n’est pas une réponse acceptable pour moi. Du coup, en fille un peu lâche que je suis, je me contente de répondre que c’est un peu tôt, que je veux pas brusquer les choses, qu’on en est pas là.

Suite à ça, la chronologie exacte des événements est un peu floue dans mon esprit. Je crois que j’ai occulté les phases de transition entre chacun de ses comportements étranges. Je me rappelle simplement qu’il tentait des choses, et que quand je le repoussais, il tentait autre chose.

Le fait est qu’à chaque fois que je le repoussais, il arrêtait. Ensuite il recommençait autre chose, puis arrêtait au « non » suivant. J’étais pétrifiée, incapable de savoir comment réagir, un peu effrayée aussi de savoir, si je me levais et décidais de partir, s’il me laisserait faire.

Allez savoir comment, se barge a fini à genoux devant moi, frottant son sexe contre ma jambe. Dans ma tête, il m’a traversé l’esprit un instant de le laisser se « soulager » ainsi afin qu’il me foute la paix ensuite. Puis je me suis rendue compte du dégoût que ça m’inspirait et je l’ai jeté d’un coup de pied.

Il a remballé le matos un instant, et quand j’ai voulu partir, m’a promis qu’il se tiendrait tranquille. Je n’avais aucune envie de rester, mais il arrivait à tourner le truc d’une façon où j’avais l’impression de faire une montagne de pas grand-chose.

Plusieurs choses se sont déroulées ensuite, il a voulu se déshabiller sous prétexte qu’il avait chaud, je lui ai dit de garder ses vêtements, il est entré dans une phase de négociation « juste le t-shirt », etc…

J’ai eu le déclic quand il s’est mis à m’agiter son sexe sous le nez en me disant « je suis sûr que t’es une bonne suceuse ». Là je me suis (enfin) levée et je m’apprêtais à partir, quand il m’a interpelée :

–          Alors comme ça, tu parles anglais ?

Je ne voyais pas bien le rapport, mais j’ai hoché la tête. Je n’avais pas mentionné que je parlais anglais, mais à la rigueur, on est nombreux dans ce cas –là. J’ai hoché la tête, me demandant où il voulait en venir.

–          Et tu parles allemand ?

Là, j’ai commencé à trouver ça bizarre. Comment savait-il que j’avais fait de l’allemand ? Il n’avait pas pu faire de recherches sur moi, il connaissait uniquement mon prénom et mon numéro de portable. Cela dit, je lui avais dit être originaire de Strasbourg. Il a dû en déduire que j’avais fait de l’allemand à l’école.

–          Et tu as fait du grec ancien.

Cette fois, j’ai douillé. Que me voulait ce psychopathe ? Je lui ai demandé comment il pouvait savoir ça de moi. Il m’a sorti un splendide « je te le dis si tu enlèves ta robe ». J’ai insisté (tout en conservant mes vêtements). Il a fini par me lâcher qu’il avait un pote au ministère de l’intérieur et qu’en lui filant mon numéro de téléphone, il avait pu se renseigner sur moi.

Le flippe. Je reconnais que j’avais pas été très fine sur ce coup-là. Que je me plains des mecs étranges que je rencontre et que celui-ci, je l’avais un peu cherché, soit. Mais y a des limites.

Je suis partie précipitamment et en pleurant, remplie d’images de ce taré se frottant contre ma jambe ou m’agitant son machin sous le nez. Il m’a envoyé quelques sms pour me faire part du fait qu’il était vexé que je n’ai même pas voulu l’embrasser et qu’il trouvait ça dommage que je sois partie, qu’on avait un bon feeling et qu’on aurait pu vivre une belle histoire…

Plus tard dans l’après-midi, il m’a envoyé un splendide « je me masturbe sur ta photo ». Pas de réponse de ma part. Quelques heures plus tard « Tu t’es touchée aujourd’hui ? ça m’excite terriblement ».

MON. DIEU. Toujours pas de réponse de ma part. Le lendemain, il m’a envoyé le plus naturellement du monde un « coucou mon cœur ça va ? je pense à toi ».

Après ça, à mon grand soulagement, il n’y a plus rien eu. Au final « grâce » à ça, j’ai commencé à dire non aux gens et à fixer de réelles limites. Si je n’ai pas envie qu’on me touche, on ne me touche pas, j’arrête de me dire « mais ça encore ça va c’est pas bien grave ».

Depuis, je réagis un peu vivement quand j’entends un mec dire « des fois les filles disent non et en fait ça veut dire oui ».

Je vous renvoie d’ailleurs à la vidéo « Content is like a cup of tea ».

 

A ma grande surprise, j’ai découvert cette vidéo sur le mur Facebook de mon cher et raffiné JiJi, celui qui me parlait de sodomie sous la douche avant de mentionner qu’il venait de se fiancer. Comme quoi on peut être bien gras sans être trop con.

En revanche, j’ai fait le tri dans mes amis facebook quand un de nos potes en commun, visiblement bien frustré, s’énervait dans les commentaires en disant que certaines filles chauffaient pour ne pas aller au bout, disaient oui puis non, que c’était « mal élevé » et « irrespectueux ». ça puait la frustration à plein nez.

Au final, les leçons du jour se résument à :

  • Dire non quand on a pas envie
  • Quand un mec se masturbe contre votre jambe, vous êtes en droit de vous barrer
  • Les mecs du ministère de l’intérieur ont des potes chelous
  • Le consentement, c’est comme une tasse de thé.

A bientôt les p’tits loups.

 

Slut Shaming : les Cocues Awards ont encore frappé

Certains disent que j’ai un problème avec les hommes. Que j’écris pour me venger et passer des frustrations, que je n’ai pas beaucoup de considération pour eux. C’est sans doute vrai.

Cela dit, j’ai un plus grand problème encore avec les femmes. En gros, je n’aime personne, voilà. Les hommes sont lâches, les femmes sont stupides, c’est malheureusement la conclusion à laquelle je suis parvenue bien trop souvent. Bien sûr, ce n’est pas le cas de tout le monde et heureusement. Bien sûr, les rôles sont parfois inversés. Il y a des femmes manipulatrices et des hommes suffisamment idiots pour les croire. Là où les hommes sont moins stupides, c’est qu’ils crachent rarement sur leurs propres intérêts.

Les femmes, elles, participent à leur propre stigmatisation (ce que je fais aussi en écrivant qu’elles sont stupides, je sais). J’ai rencontré un type il y a quelques temps qui me disait que la société attendait plus des femmes que des hommes et qu’on devrait le prendre comme un compliment. Peut-être. Mais moi, je suis fatiguée de devoir être toujours toute blanche et innocente, de ne pas commettre de fautes et d’erreurs humaines, de petits moments d’égarements égoïstes, rien qu’une fois ou deux, sous prétexte que je suis une femme et qu’une femme doit bien se comporter. Bah je vous emmerde.

Moi qui croyais être un précurseur en parlant de culpabilisation des femmes qui aiment le sexe, je suis à la masse, y a même déjà des slut walks pour protester contre ce phénomène. Je fais ma pancarte et j'arrive !

Moi qui croyais être un précurseur en parlant de culpabilisation des femmes qui aiment le sexe, je suis à la masse, y a même déjà des slut walks pour protester contre ce phénomène. Je fais ma pancarte et j’arrive !

Je sais que je reviens souvent sur le sujet des briseuses de ménage, mais je viens juste de découvrir un fabuleux site américain : shesahomewrecker.com (pour mes amis non anglophones : cestunebriseusedemenage.com).

Le concept : une bande de pintades cocues et stupides se vengent en postant sur un site des photos et des informations sur la maîtresse de leur compagnon, jusqu’à leur nom, facebook et adresse, accompagné d’un petit texte fort charmant. Les autres pintades cocues et stupides, ou tout simplement les frustrées de la vie qui regardent trop Real Housewives et qui n’ont rien d’autre à foutre, commentent allègrement ces photos et peuvent aller insulter et menacer la briseuse de ménage par facebook ou directement à son domicile. God bless America.

Sur ce site, les femmes endossent toute la responsabilité d’avoir brisé un couple (qui en fait ne va pas si mal parce que quand on lit le petit texte, elles reprennent souvent le mari fautif et tout va de nouveau merveilleusement bien entre eux). Les hommes, eux, passent juste pour des victimes, des êtres un tout petit peu abrutis qui ont commis un petit écart de conduite – « mais après tout, ce n’est qu’un homme », nous dit Kelly, 34 ans – et qui se sont laissés influencer par une diabolique tentatrice. Parfois on pense même qu’ils ont été drogués.

La diabolisation de la femme libérée (ou tout simplement, qui a eu le malheur d’ouvrir les cuisses ou son coeur à la mauvaise personne) : un concept que nos amis d’Outre-Atlantique appellent le « Slut-Shaming », qu’il soit explicite ou inconscient. Et ce sont les femmes qui la pratiquent le plus.

L’Université de Corneli a invité des étudiantes à lire le portrait d’une dénommée Joan et à donner leurs impressions sur elle. Dans le premier groupe interrogé, Joan était une femme n’ayant connu que deux partenaires. Pour le deuxième groupe, elle en avait eu une vingtaine. L’étude a montré que les femmes portaient un regard très dur sur la Joan aux multiples amants, même les femmes elles-mêmes libérées sexuellement. Elles la considèrent moins compétente et moins stable que la Joan aux deux partenaires.

Le même test a été effectué sur des étudiants avec le portrait d’un dénommé Jim. Là, pas de surprise : le Jim aux deux conquêtes était un quasi-puceau sans expérience tandis que le Jim-Casanova était un homme sûr de lui et compétent, plus sympathique quoiqu’un peu menaçant. Vis à vis des femmes, les hommes vont aussi pratiquer le Slut-Shaming, mais différemment : une fille libérée est toujours assez bien vue quand on pense pouvoir la sauter. Une fois que c’est fait ou qu’il s’avère qu’elle n’est pas intéressé, c’est une belle salope.

Je veux bien croire que même les femmes sexuellement libérées ont condamné la Joan aux 20 partenaires. Même moi qui tiens un blog sur le sujet il m’arrive de pratiquer plus ou moins inconsciemment du slut-shaming (qui maintenant que j’y pense, est une traduction quand même beaucoup plus courte de « la culpabilisation des femmes qui aiment le sexe »). En effet, qui n’a jamais dit d’une autre fille avec mépris que « toute la ville lui est passée dessus sauf le tramway » .

Internet, ce monde merveilleux où l'humanité dévoile ses plus beaux aspects

Internet, ce monde merveilleux où l’humanité dévoile ses plus beaux aspects

Il m’est arrivé d’envisager de coucher avec un homme et d’être gênée à l’idée qu’il ne s’ajoute à une « liste » de partenaires. Parce que quelque part, même si je revendique mon droit à coucher avec qui je veux, ce « peu » subjectif de partenaires à mon « tableau de chasse », c’est ma seule défense face à ceux qui me traitent de salope plus ou moins ouvertement ou qui pensent que parce que j’ai une facilité à parler de sexe, c’est forcément open bar pour tout le monde.

Comment j’en suis arrivée à vous parler de Slut-Shaming à minuit passé alors que j’avais prévu de me coucher depuis un moment ? Encore grâce aux magnifiques recherches Google qui ont mené à mon blog. La dernière en date : « insultes pour briseuse de couple ». A cette chère anonyme de la toile : ne cherche plus, les Cocues Awards sauront t’aider à trouver ton bonheur parmi les « poupoufs » et autres « putaines ». Pense à insulter ton homme au passage, ça fera du bien à l’humanité.

Je conclurai en disant que si on arrêtait de se traiter mutuellement de putes et de salopes (pour ma part j’ai précisé que je préférais gourgandine), certains hommes considéreraient peut-être un peu moins qu’on l’est parce qu’on a couché avec eux. Merci.

 

Connasse, mode d’emploi

Fille facile, salope, chaudasse… Tout un tas de qualificatifs plus charmants les uns que les autres, parfois injustes, parfois mérités. Enfin au moins, je n’ai jamais eu droit au fameux « putaine ».

Celui auquel je m’attendais moins, c’était « connasse ». Tout à commencé il y a environ un mois, alors que mon vieux pote de licence – appelons le Bobby – était de passage sur Paris. C’était par Bobby que j’avais connu le « fameux » Vivien 4 ans plus tôt, même si le pauvre n’y était pas grand chose.

J’étais plutôt contente de le voir après plusieurs années, mais au bout de 10 minutes, il a ressenti le besoin de me prévenir : pas de traces de notre soirée sur Facebook. Pourquoi ? Je cite : « parce que j’ai Vivien et tous nos potes en amis, que sa copine a craché le morceau et que pour tout le monde, tu passes pour une connasse« .

Alors voilà, je cumule les tares. Salope, fille facile, connasse. C’est pourquoi aujourd’hui, je vous offre une leçon exclusive : comment être une connasse exemplaire (d’autres sortent pour la fête de la musique, moi je fais la meuf aigrie qui se plaint de tout et de tout le monde sur son blog, c’est beaucoup plus constructif).

Rassurez vous, être une connasse, une vraie, ça n’a rien de compliqué. Vous aurez beau être la personne la plus empathique qui soit, avoir toujours fait passer le bonheur des autres avant le vôtre, il suffit de quelques faux pas pour basculer du côté obscur et d’être une belle connasse bien comme il faut.

Cette leçon vous est offerte par une véritable connasse.

Cette leçon vous est offerte par une véritable connasse.

Premièrement : vous envoyer le mec d’une autre. Logique. Peu importe que vous ayez été manipulée par un véritable sociopathe, que vous en ayez été éperdument amoureuse et qu’au final, après un an de déclarations que vous avez été assez stupide pour croire (l’amour rend stupide, les pervers narcissiques sont malins, j’aimerais vous y voir), il vous ait larguée comme la merde que vous êtes. Peu importe que vous ayez fait une dépression sévère et que deux ans après vous soyez encore totalement incapable de faire confiance et d’exprimer normalement vos sentiments. Que vous soyez passé d’une jeune fille en fleur naïve et innocente (si si, j’vous jure) à la dernière des cyniques. Vous avez eu ce que vous méritiez.

Entendons nous bien : je comprends tout à fait que la copine de Vivien me prenne pour une connasse. Je n’aurais pas ressenti beaucoup d’affection non plus pour la fille qui se serait envoyé mon homme dans tous les coins. Je savais qu’elle me prenait pour une salope et je l’ai encaissé. Pourtant à l’époque, il n’était que mon deuxième amant, et puisque je l’aimais, je ne voyais pas ça comme de la luxure.

Mais je comprends. Je ne m’étais pas excusée à l’époque car je savais que j’étais impardonnable (cela dit, je pensais que Vivien aussi était impardonnable, mais il semblerait qu’elle ait été plus conne clémente que je ne le pensais).

En revanche, que cela ait encore un impact sur ma vie près de 2 ans plus tard, que des personnes absolument pas concernées me jugent et que quelqu’un que je voyais comme un ami ait honte de me voir, je le digère un peu moins. Surtout quand j’apprends que paradoxalement, Vivien est parvenu à se faire passer pour un type bien. Après tout, il n’était pas consentant, n’est ce pas ? En plus d’être une connasse, je suis une erreur qui n’aurait jamais dû se produire et j’ai failli briser un couple pourtant si sain… Que j’ai été sincère quand lui ne l’était pas ne compte pas.

Les gens compatissent toujours à votre histoire au début, moins quand ils vous demandent si vous étiez au courant que votre amant était déjà pris. « Ne fais pas aux autres ce que tu n’aimerais pas que l’on te fasse ». Cette morale à deux balles fera assurément de vous la meilleure des connasses si vous convoitez le jules d’une autre. Peu importent vos sentiments, peu importe qu’il vous promette qu’il ne l’aime plus et que c’est vous la bonne. Premièrement, vous êtes une idiote. Deuxièmement, vous êtes une connasse.

J’ai envie de leur dire que j’étais comme eux. Avoir des principes, c’est facile, j’en avais aussi. A 18 ans j’étais loin d’être le genre de fille à écrire un blog sur les filles faciles. J’étais convaincue que je passerai toute ma vie avec le même homme, l’infidélité me revulsait et me semblait impensable. Moi aussi un jour, j’ai considéré que s’envoyer le mec d’une autre, c’était être une salope. Et après avoir moi même commis cette faute qui avant me paraissait invraisemblable, j’ai écouté sans broncher mes amies réitérer cette affirmation sans savoir que je faisais partie de ce clan obscur. Parce que je le méritais.
Mais j’aimerais les y voir. Avoir des principes est facile tant qu’on n’y est pas confronté. Idem pour les personnes qui pensent quelles ne se seraient pas laissées avoir par un homme comme Vivien. Ce type a su convaincre sa copine de lui faire un enfant une semaine après qu’elle ait appris qu’il en avait motocultée une autre dans tous les sens, vous doutez vraiment de son pouvoir de persuasion ?  Je reconnais qu’il a fallu une certaine faiblesse de ma part, cela dit. Je me sentais seule (affreusement cliché comme excuse, nan ?), je n’avais aucune confiance en moi et il représentait à mes yeux tout ce que je pensais ne jamais pouvoir avoir. Alors je m’y suis accrochée. Elle pouvait trouver quelqu’un d’autre. Moi j’étais convaincue que non.

L’autre jour je suis tombée sur un magnifique groupe Facebook : « une pute tuée = un couple sauvé« . Bien sûr. Bien sûr les hommes sont tous des types biens tant qu’une petite pétasse ne pointe pas le bout de son nez. Bien sûr ils ne sont pas responsables d’avoir cédé aux avances de ladite pétasse, et bien sûr ce ne sont jamais eux qui ont initié ces avances. Et si cette pétasse n’était pas venue, bien sûr ils ne seraient pas allés s’en chercher une autre. Parce que bien sur, il n’y avait aucun problème dans le couple à la base.

Deuxièmement : soyez infidèle. Ça ne rate pas. Cela dit pour ce point, je reconnais que je me suis cherché beaucoup d’excuses, et je veux bien prendre le blâme. Pourtant, il y a quand même quelque chose qui m’étonne : on me reproche beaucoup moins mon infidélité que d’avoir tenté de piquer le jules d’une autre. De mon point de vue, qui ne me semblait pourtant pas si illogique, c’était à chacun de gérer sa propre faute. Je trahissais quelqu’un, lui aussi, je culpabilisais déjà pour ma propre trahison, je n’allais pas culpabiliser pour la sienne. Chacun sa merde. Et cette fille que je n’avais jamais vue n’était pas « concrète » à mes yeux.

Mais bon, en même temps, quand une fille est plus choquée par le fait qu’une autre aie couché avec son homme sur son canapé que le fait qu’elle ait couché avec son homme tout court, j’ai envie de dire, fuck la logique.

Troisièmement : soyez féministe. N’hesitez pas, c’est toujours très mal vu. Si vous êtes féministe plus ou moins convaincue, que vous revendiquez l’égalité avec les hommes et que vous osez prétendre qu’il y a encore des différences de traitement entre les deux sexes, vous passerez aisément pour une connasse. Voire même pour une connasse mal baisée. Je suis peut être une connasse, mais je me débrouille généralement pour être bien baisée, merci bien. Cest même ce qu’on me reproche.

Récemment j’ai entendu un type de ma connaissance dire d’une fille « elle est sympa, mais un brin féministe quand même ». Oui, elle avait des idées égalitaristes. Son seul tort lui valant qu’on l’insulte de ce gros mot qu’est féministe est quelle m’avait communiqué le lien que j’avais posté précédemment. C’est tout. A aucun moment elle n’a montré ses seins pour postuler chez les Femen. Mais aparemment, c’est une tare de souligner quelques inégalités et de défendre sa propre cause. Faisons toutes comme les kikoo lol et arborons fièrement nos t shirts « bande de salopes », tout ira tellement mieux.

Difficile d'en vouloir aux réfractaires du féminisme quand on voit les femmes qui sont censées nous représenter. J'ai honte, et j'espère qu'un jour nous pourrons défendre le féminisme intelligent sans être associées à... ça.

Difficile d’en vouloir aux réfractaires du féminisme quand on voit les femmes qui sont censées nous représenter. J’ai honte, et j’espère qu’un jour nous pourrons défendre le féminisme intelligent sans être associées à… ça.

Rassurez vous tout de même, vous n’avez pas à cumuler tous ces points pour mériter le titre hautement prestigieux de connasse. C’est juste que personnellement, je n’aime pas faire les choses à moitié, alors je cumule. Si vous avez ne serait-ce que l’un de ces petits défauts, félicitations : vous êtes une connasse.

Bonus : si en plus de ça, vous trouvez le gamin de votre ex-amant laid comme un pou (en toute objectivité bien sûr), et que vous vous réjouissez que celui de l’ex-amant de votre meilleure amie soit roux, vous êtes une sacrée connasse. Mais c’est tellement bon.

Google, ce monde merveilleux.

Google, ce monde merveilleux.

 


Sexisme chez les geeks : Pourquoi notre communauté est malade, et comment y remédier

Un article bien long mais fort instructif

Genre !

J’aimerais préciser quelque chose. Quand Mar_Lard a publié son article sur Joystick en août dernier sur ce blog, nous avons décidé de publier tous les commentaires afin que tout le monde puisse se rendre compte de la violence des réactions. Je suggère à ceux qui voudraient réitérer ce genre d’exploits (histoire de contribuer à la démonstration de Mar_Lard, merci les mecs) de lire la charte de modération désormais en vigueur sur ce blog au lieu de perdre leur temps.

[EDIT] Devant le nombre de confusions, 2ème précision: ce blog appartient à AC Husson mais l’auteure de cette contribution est Mar_Lard. Si vous voulez la contacter par mail, je transmettrai.

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Attention, cet article inclut de nombreux exemples susceptibles de choquer : images d’une grande violence ou sexuellement explicites, insultes et propos à caractère fortement sexiste/homophobe/raciste, menaces de violences sexuelles et autres.

Six mois depuis mon coup…

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McDonald, KikooLol et culbutabilité maternelle

J’ai déjà vaguement évoqué Marc dans un article précédent, le type qui écrivait comme un kikoolol. D’ailleurs, c‘est aussi le „sex friend“ qui avait un peu choqué mon dépistor.

Je l’avais rencontré l’été où je travaillais au McDo. Apparemment oui, on peut pécho avec un uniforme McDo. Je suspectais même certains hommes d’avoir un fantasme à ce sujet. Faut dire, les slogans de McDonald (« Venez comme vous êtes » et « C’est tout c’que j’aime ! ») sont un peu des pousse-à-blagues-vaseuses pour les clients.

Marc était typiquement le genre de client chiant, celui qui te tutoie comme si vous aviez beurré les sandwichs ensemble, qui te dit qu’il t’avait demandé un coca zéro sans glaçons alors que non et qui te demande de deviner quelle sauce il veut avec ses nuggets. Et celui qui, quand tu lui sors le fameux „et avec ceci  ?“ sur le ton haut-perché typique des caissières, te rétorque qu’il veut bien ton numéro aussi.

"Coucou, tu veux voir ma grande frite ?"

« Coucou, tu veux voir ma grande frite ? »

Le mec lourd, quoi. Mais moins que d’autres, comme ceux qui commandaient un dessert pour plus tard juste parce qu’ils ont compris que votre prénom s’affichait sur le ticket de retrait.

Marc ne payait pas spécialement de mine, au premier abord. Au deuxième non plus, d’ailleurs. Pas très grand, pas trop mon genre. Mais il venait assez souvent, toujours à ma caisse, et j’ai fini par remarquer ses jolis yeux verts et ce qui semblait être une musculature prometteuse sous sa chemise. Et puis j’aimais bien ses bras. Oui j’ai un délire étrange, ce que je regarde presque en premier chez un homme, ce sont ses bras.

Bizarrement, quand on commence à être attiré par quelqu’un, les trucs lourds qui nous agaçaient deviennent mignons. Genre, il me commande un sundae à chercher plus tard. Quand il revient le chercher, la collègue qui m’aidait lui explique qu’il n’avait pas besoin de faire la queue pour ça, ce à quoi il lui répond que c’était une excuse pour me revoir.

Peu de temps avant, j’aurais trouvé ça naze. Mais les hormones parlant, j’ai trouvé ça mignon. Je suis niaise, quand je suis en manque…

Un jour, avant de partir, il me tend son ticket de caisse, sur lequel il avait écrit son prénom, son numéro, et un „tu es très mignone“. Oui, avec un seul „n“. Mais je lui reconnaissais l’effort du „tu es“. J’en ai connus qui auraient écrit „est“. Alors ça passait (le manque, rappelez-vous).

En sortant du boulot, je lui écris „alors comme ça on drague les caissières du mcdo ?“. Sa réponse „lol elle est choue. Entre nous, draguer est un bien grand mot, je lui ai à peine parlé“. Et filé ton numéro aussi, petit mytho. Enfin au moins, il avait écrit « choue » et non pas « bonne », c’était déjà ça. Autre message : „au fait je n’ai pas ton numéro enregistré, c’est qui ?“.

Là, j’ai réalisé qu’il avait quelques neurones en moins. Par la suite, j’ai fini par me dire que c’était peut être à cause de tous les sports de combat qu’il pratiquait intensément. Prendre trop de coups, ça doit bousiller certaines connexions, à force (et pour les mauvaises langues qui diraient que dans ce cas je dois en avoir pas mal en moins aussi : je vous flûte).

Enfin bon, ça a fini comme ça devait finir : à poil dans son pieu. Il n’était pas mauvais, le bougre, alors j’ai eu envie de le revoir. J’ai couché avec lui dès le premier soir, c’était la première fois que je faisais ça, et je l’ai tout de suite regretté. Subitement, je voyais bien que j’avais moins d’importance. Il me disait qu’il ne m’avait pas cataloguée plan cul lorsqu’il m’avait donné son numéro. Mais je me suis auto-définie comme telle en couchant aussi vite. Je me souviens qu’il m’avait dit „le fait que tu couches dès le premier soir, c’est bien et pas bien en même temps. C’est bien parce que tu te prends pas la tête, ça l’est moins dans le sens où je me dis que tu pourrais faire ça avec n’importe qui“.

Moi je ne voyais pas le mal à coucher dès le premier soir. Lui aussi avait couché avec moi rapidement – et contrairement à moi, ça ne devait pas être la première fois qu’il faisait ce genre de choses – et pourtant je ne le cataloguais pas forcément comme un plan cul uniquement. La différence, c’est que je suis une fille. Et qu’une fille, ça doit savoir se tenir, bordel. On veut bien en profiter le temps de la tirer, mais quand même, on désapprouve ce genre de  comportement. Un peu comme Guillaume qui veut bien sauter Emma mais qui trouve que quand même, c’est pas top son attitude. Comme disait l’autre, ça mérite le viol pour leur apprendre, n’est-ce pas ?

Après Vivien, j’étais au plus mal, et Marc est vite devenu une bouffée d’air frais. Il était différent des autres que j’avais pu fréquenter. Il n’était pas bac+5 en une quelconque spécialité scientifique, il ne cherchait pas à tout prix à être plus intelligent que moi. Il avait un humour à la con, mais il me faisait rire. Et il me faisait oublier.

Je le voyais environ une fois par semaine les premières fois, et je crois que c’étaient les seuls instants où je me sentais vraiment bien, où je ne pensais plus à rien. Il était con, mais putain je l’aimais bien. J’ai réalisé que je l’aimais un peu trop bien quand j’en avais plus rien à foutre qu’il écrive comme un kikoolol de 12 ans à coups de „jtdr“ (sans déconner, qui dit encore „jtdr“ depuis 2005 ? Les „jtdr“ ont coulé MSN.), et qu’il me mette des „lol“ et des „mdr“ tous les deux mots et que ça lui donne l’air stupide alors qu’il ne l’était pas. J’en avais même rien à foutre qu’il soit haut-rhinois, c’est dire.

Allez, une petite minute de silence pour msn que Marc essaye de faire perdurer dans ses sms. Pensons avec nostalgie aux émoticônes pailletées qu'on s'échangeait. Mais sans déconnait, ce mec était une vraie pute à JTDR, il en sortait à tour de bras à n'importe qui. Quand j'étais une kikoolol de 12 ans, au moins ces 4  petites lettres balancées en rose fluo signifiaient quelque chose pour moi, bordel !

Allez, une petite minute de silence pour MSN que Marc essaye de faire perdurer à travers ses sms. Pensons avec nostalgie aux émoticônes pailletées qu’on s’échangeait du temps de nos 12 ans, quand ces 4 petites lettres balancées en .gif signifiaient vraiment quelque chose pour nous.

Mais au final, c’était typiquement le même genre de mec que Vivien. En moins crevard quand même, parce que c’est pas dur, mais dans le même délire : il est assez en manque d’affection pour vous retenir quand vous partez, mais ne vous aime pas suffisamment pour vouloir de vous quand vous êtes là. Le genre de mec qui ne tient à vous que quand vous ne lui êtes plus acquise et qui vous ignore dès que vous le lui êtes à nouveau. Le genre de mec qui, comme tous les autres, m’utilise à la fois comme une pute et une mère de substitution. Je ne sais pas ce qu’il y a chez moi d’aussi peu aimable, mais de quand même suffisamment attirant pour qu’on ne me laisse pas partir à moins de m’avoir directement lâchée comme une merde.

Il me disait des trucs dans le délire :  „t’es le genre de fille dont je pourrais tomber amoureux“, refusais que je parle de plan cul. Un jour, il m’a dit que ça le gênait que je vois d’autres mecs, alors pendant des mois je n’ai vu personne d’autre, jusqu’à ce qu’il me dise de faire ce que je voulais parce qu’il en avait rien à foutre. C’est beau de savoir ce qu’on veut.

Pour lui, j’étais quand même la fille qui couchait avec n’importe qui. La première fois que j’avais couché avec un autre, avant la période où il a avoué que ça le gênait, il m’avait demandé pourquoi j’avais fait ça. Je n’avais rien trouvé de mieux à lui répondre que „je m’ennuyais“. En réalité, c’était surtout la déprime, et puis quelque part, je voulais me prouver que je ne tenais pas à lui. À un moment, il m’avait sorti qu’il était bien avec moi, puis avait lancé – sur le ton de la plaisanterie mais tout de même – un „viens on vit ensemble comme ça on se voit tous les soirs“. Je lui avais demandé en plaisantant comment il ferait pour les autres filles, il avait répondu „j’en ai rien à foutre des autres filles, faudra bien que je choisisse un jour“, avant d’ajouter „nan je rigole, je choisirai jamais. Encore moins une fille qui couche avec quelqu’un parce qu’elle s’ennuie“. Là j’ai compris l’image qu’il avait de moi. Mais après tout, je l’avais cherché.

Quand je suis partie à Paris pour mes études, je lui ai dit qu’on ne se verrait plus. Il a juré que si, qu’il voulait me revoir. Alors ça a continué, on se voyait une fois par mois environ. Mais je devais presque le supplier pour qu’il prenne un peu de temps pour moi. Finalement j’en ai eu marre, je lui ai dit que je ne reviendrai plus. Mais soyons francs : j’ai très peu de volonté. Et ce genre de mec sait se montrer adorable quand il faut vous retenir.

Il m’emmenait au resto et au ciné pour prouver qu’on ne s’aimait pas que pour le sexe. Comme Vivien, il a voulu pousser plus loin. Ça ne suffisait pas de me sauter, il fallait plus, quitte à ne pas vouloir de moi au bout. J’ai fini par craquer et par lui dire que je voulais qu’on soit plus que ça. Il m’a balancé que ça le touchait, ce qui me faisait une belle jambe, mais que les relations lui faisaient peur, qu’il avait trop souffert et qu’il n’était pas prêt. Ok, soit. Même si dans ce cas, je ne voyais pas l’intérêt de me faire miroiter autre chose pendant des mois.

L’histoire aurait dû s’arrêter là, mais non. Il a continué à m’écrire comme si de rien n’était. A ce stade là, j’étais baisée – et pas comme j’aime – : soit je continuais et je finissais par souffrir, soit j’arrêtais et je souffrais directement. Encore une fois, je n’ai pas beaucoup de volonté, alors j’ai répondu à ses messages.

On s’est vus une fois depuis. Ni l’un ni l’autre n’en avons reparlé. Ça me paraissait naturel qu’après son „râteau“, les câlins seraient limités et qu’on s’en cantonnerait à l’essentiel. Mais non, ça aurait été trop facile.

Le pire, c’est qu’il a réellement eu l’air surpris lorsque je me suis dégagée quand il a voulu me prendre dans ses bras. Il m’a demandé pourquoi je ne voulais pas de ses câlins. Je pense qu’il voulait juste m’entendre lui dire que je l’aimais et que ça faisait trop mal. Bah il pouvait se brosser. Mais il a vraiment pris l’air du type qui ne comprenait pas, une vraie tête à claques. Je ne comprendrai jamais pourquoi il se donne systématiquement l’air plus stupide qu’il ne l’est.

Parfois je me dis que si je n’avais pas couché avec lui, ce premier soir, si je m’étais contentée de l’embrasser, les choses auraient été différentes. Je ne saurai jamais. Mais bon dans le fond, je pense que quoi qu’il en soi, il m’aurait de toute façon plantée pour cette ex qu’il n’arrêtait pas d’évoquer. Allez savoir pourquoi, je m’accroche toujours à des types qui me balancent des „je tiens à toi“ larmoyants mais qui, au final, en préféreront toujours une autre. Des types en couple, ou encore accrochés à leur ex, mais qui ont besoin de sentir une nouvelle source d’affection.

Alors si tu as fait l’effort de lire tout ça, arrête de faire le type vexé quand je te dis que je peux pas t’encadrer. Tu sais que c’est pas totalement démérité. Et tu sais que c’est faux. Mais tu m’as balancé ta peur de l’engagement, et comme dit Renaud, „vivre libre, c’est souvent vivre seul“. Alors ne m’écris pas, et arrête d’attendre de moi que je revienne toujours en rampant. Le très peu de fierté qu’il me reste, je l’ai mis dans mon dernier message.

Je préfère encore les hommes qui ont l’honnêteté de me faire comprendre que je ne suis qu’un passe-temps sympa à ceux qui ont de graves carences émotionnelles à compenser et qui aiment uniquement le fait d’être aimés.  Encore une fois, j’en ai un petit peu marre d’être considérée comme une maman-culbutable.

Poil De Carotte est un faisan

Ma copine Emma, comme je vous le disais, a collectionné les hommes un peu, voire franchement douteux. Je crois que celui qui me sort le plus par les yeux, après le fameux Benoît, c’est son pote Guillaume. C’était un peu le même genre que Bryan, le genre à prétendre qu’il ne se contenterait pas de seulement vous sauter, mais qui, si on refuse le reste, ne campe pas bien longtemps sur cette position…

Du coup, Emma a fini par se l’envoyer. Jusqu’ici tout va bien (même si apparemment, c’était quand même pas l’extase non plus). Ce que j’ai du mal à supporter, en revanche, c’est sa façon de la traiter, de faire des réflexions douteuses sur le ton d’une  mauvaise plaisanterie insinuant qu’Emma est une gourgandine. 

À l’origine, je n’avais rien contre Guillaume. C’est un type plutôt sympathique qui peut même s’avérer être drôle. Il m’accueille toujours très bien lors des soirées, mais cette chaleur est peut-être due au fait que parmi les amis d’Emma, je suis connue pour la profondeur de mon décolleté.

Il est difficile d’en vouloir réellement à ce type si souriant. Mais son comportement vis-à-vis de ma meilleure amie me donne quand même envie de m’arracher un bras juste pour avoir quelque chose à lui balancer.

Déjà, insinuer „subtilement“ qu’Emma est une fille facile et faire passer ce genre de remarques pour des plaisanteries, c’est ne pas avoir le courage d’assumer ce qu’on pense jusqu’au bout. C’est lâche, et c’est petit (#commesabite).

Ensuite, il serait libre d’avoir son opinion sur la vie sexuelle d’Emma s’il n’en avait pas bien profité. C’est moi ou c’est quand même vachement hypocrite de s’envoyer une fille pour ensuite la traiter de gourgandine ?

Non mais sérieux, en plus le mec il est roux, il devrait déjà s’estimer heureux d’avoir participé à la vie sexuelle d’Emma (bon en vrai, j’ai rien contre les roukmouts, hein, mais en ce qui le concerne c’est pas tout à fait faux). Sale ingrat. 

Les faisans roux (« blonds vénitiens », pardon, comme disent tous les roux) existent. Regardez-moi comme ils font leur péteux avec leur petite mèche.

Le type ne sait même pas de quoi il parle, en plus. Emma a une photo d’elle sur facebook, où elle est sur son lit (mais habillée, hein). Une photo sensuelle mais pas spécialement choquante. Guillaume a dit que là-dessus elle faisait „pute en porte-jarretelles“. Il va falloir qu’on m’explique comment on peut confondre un short en jean avec un porte-jarretelles. Sombre ignare aux vieux fantasmes inassouvis. Ça m’énerve les pauvres mecs qui passent leur frustration sur les femmes. Un peu comme les kékés de jeuxvideo.com, quoi, qui chouinent parce que même ces „salopes“ n’ont jamais ouvert leurs cuisses pour eux. Sinon ils ne s’en plaindraient pas autant.

Ça m’énerve, et ça m’énerve d’autant plus que personne traite Emma de gourgandine. Moi j’y pète les dents.

Image

Google m’informe qu’en cuisine, un roux est un mélange de farine et de matière grasse, coloré à feu moyen. Z’ont vraiment pas de chance, ces roukmouts.

 

HS : Je profite également de ce petit billet pour féliciter mon petit faisan Jiji qui, après m’avoir parlé une heure durant de sodomie sous la douche, m’a annoncé ses prochaines fiançailles. Bravo Jiji, plein de bonheur et de romantisme à tous les deux.